Iran : les erreurs de calcul de Washington et Tel-Aviv
Au moment de lancer les frappes contre l’Iran, Washington et Tel-Aviv pensaient pouvoir reproduire un schéma déjà vu au Moyen-Orient : frapper vite, désorganiser le pouvoir central et provoquer un basculement interne. Mais, comme le soulignent nos confrères des Échos, les premières semaines du conflit font apparaître une réalité beaucoup plus incertaine.
Premier mauvais calcul : la solidité de l’appareil d’État iranien. Contrairement aux attentes de certains stratèges occidentaux, les frappes n’ont pas provoqué l’effondrement du régime. Les structures du pouvoir se sont rapidement réorganisées, les forces militaires restent opérationnelles et l’État iranien continue de fonctionner malgré la pression militaire.
Deuxième erreur d’appréciation : la dimension régionale. En visant directement l’Iran, Israël et les États-Unis ont mécaniquement activé l’ensemble des relais stratégiques de Téhéran dans la région. Le Hezbollah, les milices alliées et plusieurs acteurs proches de l’Iran peuvent transformer une opération militaire limitée en conflit élargi.
Enfin, la question centrale demeure politique. Les frappes peuvent affaiblir un adversaire, mais elles ne suffisent pas à produire une solution stratégique. Sans vision claire de l’après-guerre, Washington et Tel-Aviv découvrent aujourd’hui ce que toute guerre rappelle tôt ou tard : les victoires tactiques ne remplacent jamais une stratégie.
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