Pedro Sánchez, le nouveau de Gaulle ?

Le gouvernement espagnol a décidé de mettre fin aux fonctions de son ambassadrice en Israël, un geste diplomatique rare qui confirme la ligne de fermeté adoptée par Madrid face à la guerre au Moyen-Orient. Depuis plusieurs mois, Pedro Sánchez assume une position de plus en plus critique vis-à-vis de la stratégie israélienne et de ses conséquences humanitaires.

Cette décision marque une rupture dans le paysage européen. Alors que la plupart des capitales restent prudentes, l’Espagne choisit d’agir et de transformer ses déclarations politiques en actes diplomatiques. Madrid cherche ainsi à incarner une voix européenne indépendante, refusant l’alignement automatique sur Washington et son attachement au droit international.

Certains y voient une posture gaullienne. En 1967, le général de Gaulle avait surpris ses alliés en dénonçant la politique israélienne après la guerre des Six-Jours, affirmant la souveraineté stratégique de la France. Sánchez semble vouloir redonner à l’Espagne ce type de hauteur politique.

Le contraste est d’autant plus frappant avec Berlin. Selon plusieurs sources diplomatiques, le chancelier allemand aurait tenté de joindre Pedro Sánchez sans succès. L’image est brutale : d’un côté une Allemagne enfermée dans une fidélité quasi réflexe à l’alliance atlantique, souvent perçue comme une forme de vassalité stratégique ; de l’autre une Espagne qui revendique le droit de décider seule.

Dans cette scène européenne, Emmanuel Macron apparaît surtout comme l’homme des équilibres prudents. Beaucoup de mots, peu de ruptures. Pendant que Madrid agit, Paris observe.

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