Bulle IA : vers un krach historique ou la naissance d’un nouvel empire technologique ?

Depuis l’explosion de l’intelligence artificielle générative, une question obsède désormais les marchés : sommes-nous en train de revivre la bulle Internet dee années 2000 ?

Les arguments des baissiers deviennent de plus en plus audibles. Le Shiller PE, mesure de la cherté du marché, du marché américain atteint des niveaux historiquement extrêmes, proches de ceux observés avant le krach Internet. Les dix plus grandes capitalisations technologiques représentent désormais une part gigantesque du S&P 500, pendant que Nvidia seule pèse davantage que certaines grandes économies mondiales. Pour beaucoup, le scénario paraît écrit d’avance : euphorie, emballement spéculatif, puis purge violente.

Pourtant, comparer mécaniquement 2026 à 2000 serait une erreur d’analyse. À l’époque, une grande partie des entreprises Internet ne généraient presque aucun bénéfice réel. Aujourd’hui, les géants de l’IA disposent déjà de cash-flows massifs, d’infrastructures stratégiques et d’une domination mondiale. Nvidia vient encore de publier des résultats vertigineux : 81,6 milliards de dollars de revenus trimestriels, en hausse de 85 % sur un an, dont 75,2 milliards issus du seul Data Center.

Nvidia, Broadcom, Microsoft, Amazon ou ASML ne vendent donc pas seulement une promesse : ils contrôlent les fondations matérielles et logicielles du nouveau cycle technologique. Le véritable risque n’est peut-être pas l’effondrement de l’IA, mais celui des valorisations. Même des entreprises extraordinaires peuvent perdre 50 à 80 % lors d’une compression de multiples. Amazon avait perdu plus de 90 % après 2000 avant de devenir l’un des plus grands empires économiques de l’histoire moderne.

C’est toute la subtilité du moment actuel : une révolution peut être réelle tout en traversant une bulle spéculative.

 

Photo : DR

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