Ready or Not 2 : plus grand, plus fou… mais surtout plus malin

Faire une suite à Ready or Not relevait presque du piège. Le premier film fonctionnait justement parce qu’il était simple, brutal, presque conceptuel. Reprendre la même idée sans la trahir ni la répéter était un équilibre difficile. Et pourtant, Ready or Not 2: Here I Come réussit là où beaucoup échouent : il ne copie pas, il élargit.

Dès les premières minutes, le changement est clair. Le film délaisse en partie l’horreur pure pour basculer vers quelque chose de plus nerveux, presque plus “chasse à l’homme” que huis clos horrifique. Le rythme est plus rapide, les enjeux plus larges, et surtout l’histoire ne tourne plus autour d’un seul personnage.

L’arrivée du personnage de Faith, incarnée par Kathryn Newton, change complètement la dynamique. Là où le premier reposait sur une survie solitaire, cette suite mise sur un duo. Et ça fonctionne. La relation entre les deux sœurs apporte une vraie énergie au film, avec des moments à la fois absurdes, drôles et parfois étonnamment sincères. Ce n’est pas juste un ajout de casting, c’est une nouvelle colonne vertébrale. Face à elle, Samara Weaving reste impeccable. Elle reprend son rôle avec la même intensité, le même mélange de panique et de détermination qui faisait tout le sel du premier film. Mais cette fois, elle n’est plus seule à porter le récit, et ça lui permet de jouer autrement, plus dans l’interaction que dans la survie brute.

Sur le fond, le film ne révolutionne pas son concept. C’est toujours cette idée de jeu macabre, de traque absurde dans un univers de riches complètement déconnectés. Mais tout est amplifié. Plus de lieux, plus de chaos, plus de violence aussi. Certaines séquences sont clairement pensées comme des morceaux de bravoure, presque excessifs, mais c’est justement ce qui donne au film son identité. Là où la suite surprend vraiment, c’est dans son équilibre. Elle reste drôle, parfois même très drôle, sans jamais complètement abandonner sa tension. Le mélange entre comédie noire et horreur fonctionne encore, mais différemment. Moins basé sur la peur pure, plus sur le spectacle et le rythme. C’est peut-être là que le film divisera.

Certains regretteront la simplicité du premier, son côté plus resserré, plus oppressant. Ici, tout est plus grand, donc forcément un peu moins intime. Mais en échange, le film gagne en ambition et en fun. Et surtout, il évite le piège classique des suites : faire la même chose en moins bien.

Au contraire, Ready or Not 2 prend le risque d’en faire plus. Et pour une fois, ça paie. C’est rare qu’une suite dépasse l’original. Encore plus rare qu’elle le fasse en assumant totalement de changer de terrain de jeu.

Photo : Samara Weaving et Kathryn Newton dans Ready or Not 2 / Searchlight Pictures