L’Ultime Héritier : Glen Powell porte une comédie noire qui n’essaie pas d’être plus qu’elle n’est
- Eurosmag
- 30/03/2026
- À la une, Art de Vivre
- À la une, Cinéma, Culture, Tendances culturelles
- 0 Comments
Il y a quelque chose de presque rafraîchissant dans L’Ultime Héritier. Pas parce que le film révolutionne quoi que ce soit, mais précisément parce qu’il ne cherche pas à le faire. Dans un paysage saturé de films qui surjouent leur ambition — visuelle, narrative ou politique — celui-ci adopte une approche plus simple, presque modeste. Une comédie noire, bien écrite, efficace, qui avance sans détours inutiles et repose avant tout sur son rythme et ses acteurs. Et surtout, sur Glen Powell.
Il confirme ici ce que Hollywood commence à comprendre : il est un lead. Un vrai. Son charisme porte le film du début à la fin, sans jamais forcer. Il joue sur une ligne fine entre ironie et sincérité, ce qui donne au personnage une légèreté bienvenue dans un récit pourtant marqué par une intrigue moralement douteuse. Son timing comique est précis, naturel, et surtout constant. Le film lui doit énormément.
La structure narrative est également bien pensée. L’ouverture en prison installe immédiatement une tension narrative : quelque chose a mal tourné, et le film va remonter le fil. Ce procédé, classique mais efficace, permet de maintenir l’attention sans complexifier inutilement l’histoire. Car c’est là l’une des forces du film. L’Ultime Héritier refuse la surenchère. Pas de twist inutilement alambiqué, pas de mise en scène démonstrative, pas de message appuyé. Le film avance, raconte, divertit. Une forme de cinéma presque désuète aujourd’hui, tant l’industrie semble obsédée par l’idée de “dire quelque chose”. Ici, le propos est secondaire. Le plaisir, central.
Le casting secondaire accompagne correctement cette dynamique. Margaret Qualley apporte une énergie désinvolte, même si son rôle reste sous-exploité. Jessica Henwick, en revanche, s’impose davantage, avec une présence plus marquée et un jeu plus nuancé. Tout n’est pas parfait. Le recours à la narration est parfois trop appuyé, comme si le film ne faisait pas totalement confiance à son propre rythme. Certains passages auraient gagné à être simplement montrés plutôt qu’expliqués. De la même manière, quelques éléments de l’intrigue manquent de profondeur, mais cela reste cohérent avec l’ambition générale du film. Car il faut le prendre pour ce qu’il est.
Une comédie noire efficace, bien écrite, portée par un acteur au sommet de son capital sympathie. Un film qui ne cherche ni à impressionner, ni à marquer durablement, mais à fonctionner, et qui y parvient. Dans une industrie souvent obsédée par l’exceptionnel, L’Ultime Héritier rappelle que le cinéma peut aussi exister dans l’équilibre.
Et parfois, cela suffit.
Note : 3,5/5
Réalisé par : John Patton Ford
Sortie en salle en France : 25 mars 2026
Photo : Glen Powell dans l’Ultime Héritier / A24

