Le Costa Rica vire à droite avec Laura Fernández 

Dans un tournant historique de la politique centro-américaine, la candidate de droite Laura Fernández a remporté l’élection présidentielle du Costa Rica dès le premier tour, avec environ 48,3 % des voix, dépassant largement le seuil de 40 % nécessaire pour éviter un second tour.  

Cette victoire est d’autant plus significative qu’elle s’inscrit dans un contexte politique et social marqué par une crise de sécurité intérieure, avec une hausse notable de la criminalité et de la violence liée au trafic de drogue. Fernández, une figure de la droite populiste et ancienne ministre de la planification, a centré sa campagne sur une promesse d’action vigoureuse contre la criminalité, de renforcement des capacités de l’État pour contrer les gangs et le trafic de stupéfiants, et de poursuite des politiques de son mentor, l’actuel président Rodrigo Chaves.  

L’élection a été organisée dans un système électoral où un candidat peut gagner dès le premier tour s’il obtient plus de 40 % des suffrages et qu’il devance de suffisamment ses adversaires. Avec près de la moitié des voix, Fernández a pulvérisé ce seuil, ce qui n’était pas arrivé depuis plus de dix ans dans le pays. Le taux de participation a été élevé, montrant l’importance du scrutin pour les citoyens face aux préoccupations quotidiennes autour de la sécurité et de l’économie.  

La direction politique que prend le Costa Rica sous Fernández est perçue comme un changement vers des positions plus conservatrices, plus sécuritaires et plus axées sur l’ordre public, inspiré en partie par des modèles d’autres pays de la région. Elle a déjà annoncé sa volonté de poursuivre des projets controversés liés à la réforme de la politique pénale, au renforcement des mesures sécuritaires et à une coopération plus étroite avec les partenaires internationaux dans la lutte contre la criminalité transnationale.  

Parallèlement à sa victoire présidentielle, le parti de Fernández, le Partido Pueblo Soberano (PPSO), a remporté la majorité absolue à l’Assemblée législative en obtenant 31 des 57 sièges, ce qui lui offre une base solide pour faire adopter ses réformes législatives, même si ce n’est pas encore suffisant pour certaines révisions constitutionnelles qui exigeraient une majorité qualifiée.  

Cette élection intervient dans un moment stratégique pour la région, où plusieurs pays d’Amérique latine voient émerger des forces politiques plus conservatrices et populistes, souvent portées par des revendications sur la sécurité, la lutte contre la corruption et la transformation des institutions politiques.  

Crédit photo : https://laurafernandezpresidente.com/giras/