Cuba dans le prolongement du conflit iranien
- Eurosmag
- 05/05/2026
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Donald Trump a affirmé qu’après avoir “terminé le travail” en Iran, les États-Unis pourraient prendre le contrôle de Cuba “presque immédiatement”. Une déclaration directe, sans ambiguïté, qui place clairement l’île dans la continuité du conflit en cours au Moyen-Orient. Ce point est essentiel. Cuba n’est pas évoquée comme un sujet isolé, mais comme une étape suivante. Comme si les différents théâtres géopolitiques pouvaient s’enchaîner dans une même logique de puissance.
Depuis plusieurs mois, les tensions entre Washington et Téhéran ont déjà profondément déstabilisé la région. Les opérations militaires, les pressions sur les routes énergétiques et les risques autour du détroit d’Ormuz ont replacé les États-Unis dans une posture de confrontation directe.
Dans ce contexte, évoquer Cuba revient à élargir le champ. Historiquement, l’île est un point sensible pour les États-Unis. À moins de 150 kilomètres de la Floride, elle a toujours été perçue comme un enjeu stratégique. Mais aujourd’hui, elle s’inscrit aussi dans un jeu d’alliances plus large, avec des liens politiques et économiques avec des puissances opposées à Washington, notamment la Russie. C’est ce qui permet de comprendre le lien fait avec l’Iran.
Dans ce discours, les adversaires ne sont plus seulement localisés. Ils font partie d’un ensemble. Et les réponses envisagées suivent cette même logique. Mais cette projection pose une question de crédibilité. Le conflit avec l’Iran est loin d’être stabilisé. Il mobilise déjà des ressources militaires, diplomatiques et économiques importantes. Envisager une extension vers un autre front, même sur le plan rhétorique, revient à multiplier les risques.
En réalité, la logique cubaine s’inscrit peut-être moins dans la continuité de l’Iran que dans celle du Venezuela. Une volonté de reprendre la main dans une zone historiquement considérée comme une sphère d’influence directe, où Washington a vu son contrôle s’éroder ces dernières années.
Du côté cubain, la réaction est immédiate. Le président Miguel Díaz-Canel dénonce un “acte criminel” potentiel et appelle à une réaction internationale. Une réponse attendue, mais qui souligne surtout la tension générée par ce type de déclaration. Au fond, ce discours révèle moins une stratégie détaillée qu’une posture. Une manière d’affirmer une capacité à agir sur plusieurs fronts, à ne pas se limiter à une zone, à projeter une puissance globale.
Mais Cuba n’est pas un terrain neutre.
C’est un territoire sur lequel les États-Unis se sont déjà heurtés à des limites historiques. Si Donald Trump parvenait à ramener l’île dans le giron américain, cela constituerait une triple victoire : symbolique, en effaçant un échec ancien ; géopolitique, en reprenant un espace d’influence face à la Russie ; et politique, en se positionnant là où plusieurs de ses prédécesseurs ont échoué.
Cuba devient alors un symbole.
Non pas d’une opération imminente, mais d’un changement de ton dans la manière d’aborder les rapports de force internationaux.
Photo : DR

