Brandt : le projet “New Brandt” de Stephan Français menacé par un dépôt de bilan
Nouveau coup de théâtre dans le feuilleton de la reprise de Brandt. Le projet dit « New Brandt », porté par Stéphan Français, PDG de Metavisio – Thomson Computing, apparaît aujourd’hui sérieusement fragilisé.
Celui qui s’était imposé comme le candidat le plus médiatique à la reprise des actifs du groupe électroménager voit son propre groupe vaciller. Placée en conciliation, comme l’avait révélé le média L’Informé le 26 janvier dernier, Metavision’est pas parvenue à trouver d’accord avec ses créanciers. Selon plusieurs sources concordantes, la procédure s’achemine désormais vers un dépôt de bilan.
Ces dernières semaines, Stephan Français avait multiplié les prises de parole. Dans les colonnes de La Tribune, il s’était présenté comme l’auteur de « l’offre la plus forte » pour Brandt. Il avait également publiquement sollicité le soutien financier de l’État, allant jusqu’à interpeller le Président de la République afin que les pouvoirs publics accompagnent son projet de reprise.
Une démarche qui avait surpris dans les milieux économiques, certains observateurs s’interrogeant sur la compatibilité d’un tel soutien avec les règles de concurrence et d’aides d’État.
Mais en coulisses, la situation apparaissait déjà plus tendue. Dans son enquête, L’Informé citait un proche du dossier estimant « juridiquement et financièrement impossible » qu’une entreprise elle-même en conciliation et fortement endettée obtienne l’aval d’un tribunal pour reprendre un groupe industriel plus important, placé en liquidation.
Selon les informations d’Euromag, l’administrateur judiciaire en charge de la conciliation aurait renoncé à poursuivre sa mission, faute de solution viable. Un créancier s’apprêterait à assigner Metavisio en liquidation judiciaire pour une audience prévue le 28 mars.
D’autres sources indiquent que l’équipe de Stephan Français se préparerait à déclarer l’état de cessation des paiements à la date du 8 mars, préalable légal à l’ouverture d’une procédure collective.
Ces développements rebattent les cartes dans le dossier Brandt. Jusqu’à présent, le projet « New Brandt » occupait le devant de la scène médiatique avec un soi-disant financement. Sa fragilisation potentielle pourrait redonner de l’espace à d’autres offres, plus discrètes mais financièrement structurées.
Dans un dossier industriel sensible, où la crédibilité financière des candidats est scrutée avec attention par les juridictions commerciales et les pouvoirs publics, la solidité des bilans pourrait désormais primer sur l’intensité de la communication.
Le feuilleton Brandt, décidément, n’a pas livré son dernier épisode.
Crédit photo : Metavisio

