38 millions d’euros et un front uni pour reprendre Brandt en bloc
La bataille pour la reprise de Brandt change de dimension. L’offre déposée dans le cadre de la liquidation judiciaire du fabricant d’électroménager par Gladius prend désormais la forme d’un consortium structuré associant acteurs privés et collectivités territoriales. Au total, les propositions réunies représentent 38 millions d’euros et visent une reprise globale de l’ensemble des actifs stratégiques du groupe.
Autour de Gladius se sont agrégées Orléans Métropole, la Région Centre-Val de Loire et Chloelina – Maxxilot. L’ambition affichée est claire : éviter un démantèlement progressif et préserver à la fois les marques, les stocks, le service après-vente et les sites industriels.
Sécuriser l’existant avant de reconstruire
Première étape : garantir la continuité. Le service après-vente (SAV) serait repris par Gladius afin d’assurer le maintien des garanties et la relation avec les consommateurs. Les stocks seraient intégralement absorbés, les produits finis par Maxxilot, les stocks liés au SAV par Gladius.
Les sites industriels, eux, feraient l’objet d’un portage via des structures dédiées soutenues par les collectivités. Cette architecture permettrait de préserver l’outil productif et le foncier, tout en dissociant la sécurisation des actifs immobiliers de la relance commerciale. Une mécanique prudente, pensée pour éviter les effets d’annonce et inscrire le projet dans le temps long.
Relancer les ventes sans attendre
Dans l’immédiat, la stratégie repose sur une remise en route rapide des ventes des marques Brandt, en s’appuyant sur les fournisseurs internationaux historiques et sur des réseaux commerciaux déjà établis. L’objectif est de restaurer progressivement le chiffre d’affaires et la présence sur les marchés, dans des conditions économiquement maîtrisées.
Cette approche pragmatique vise à rétablir la confiance, mise à mal par les difficultés financières successives du groupe, avant d’envisager une relance industrielle plus ambitieuse.
Orléans, pivot d’une réindustrialisation graduelle
Le site d’Orléans occupe une place centrale dans le projet. Un programme de remise en état et d’investissements progressifs est envisagé, avec un horizon de mise en production à trois ans, sous réserve d’une stabilisation des volumes.
La production pourrait notamment porter sur une gamme premium « Westpoint Gold », destinée prioritairement aux marchés du Moyen-Orient, où la marque Westpoint bénéficie d’une implantation solide avec 60 magasins aux Émirats par exemple. Des produits sous marques Brandt seraient également fabriqués à Orléans pour le marché européen car l’actionnaire algérien qui avait repris le groupe s’est servi et a conservé les droits des marques sur la zone Afrique et Moyen-Orient.
Le pari est assumé : reconstruire une capacité industrielle compétitive à l’export, sans brûler les étapes, en articulant capitaux privés et soutien public.
Au-delà du dossier industriel, l’enjeu est politique et symbolique. Après plusieurs années de turbulences, Brandt peut-elle retrouver une trajectoire stable ? La réponse appartient désormais au tribunal de commerce de Nanterre qui attend les financements pour jeudi prochain avant de trancher. Pour la première fois depuis l’ouverture de la liquidation, une offre structurée, financée et globale est sur la table. Celle deMetavisio – Thomson Computing n’est pas globale ni encore financée. Elle cherchait encore de l’argent via la plateforme Tudigo. « Il s’agit d’une intention d’investissement » dit la plateforme, avouant ce que le patron du candidat Stéphan Français ne dit pas ouvertement.

