Le paradoxe Mélenchon : plus il est rejeté, plus il devient central

Le dernier sondage Odoxa–Mascaret pour Public Sénat et la presse régionale a provoqué un retournement de ton assez spectaculaire chez La France insoumise. Jean-Luc Mélenchon y progresse de 4 points pour atteindre 16 % des intentions de vote, revenant à seulement un point d’Édouard Philippe, mesuré à 17 %. Jordan Bardella reste largement en tête avec 32 %.

Depuis des années pourtant, les insoumis dénoncent les instituts de sondage, accusés de fabriquer artificiellement certains candidats et de déformer la réalité populaire. Mais lorsqu’un baromètre replace Mélenchon au centre du jeu présidentiel, les critiques disparaissent soudainement.

Ce paradoxe révèle surtout une vérité plus profonde sur l’état de la gauche française. Malgré l’usure, malgré les polémiques et malgré le rejet qu’il susciterait pour une  partie des français, Mélenchon demeure la seule figure capable d’imposer une véritable centralité politique à gauche.

Glucksmann stagne car il ne produit ni la tension politique, ni la conflictualité, ni la puissance militante du leader insoumis. Aucun autre responsable de gauche n’occupe aujourd’hui autant l’espace médiatique et émotionnel.

La gauche veut préparer l’après-Mélenchon. Pourtant, au moindre sondage favorable, tout le paysage politique recommence immédiatement à tourner autour de lui.

Photo : lafranceinsoumise.fr