La paix imminente entre l’Iran et les États Unis qui n’arrive jamais
Depuis plus de deux mois, Donald Trump répète la même chose. L’accord avec l’Iran est proche. Très proche. Imminent même.
Selon un décompte relayé par CNN, le président américain a affirmé au moins 38 fois depuis la fin mars qu’un accord était sur le point d’être conclu ou que Téhéran cherchait désespérément à en signer un. Pourtant, au moment où ces déclarations s’accumulent, les bombardements ont repris et les tensions militaires atteignent leur plus haut niveau depuis le début du conflit.
Cette semaine encore, les États Unis ont mené de nouvelles frappes contre des installations iraniennes après la destruction d’un hélicoptère américain près du détroit d’Ormuz. En réponse, l’Iran a ciblé plusieurs positions américaines dans la région. Pendant ce temps, Donald Trump continue d’assurer qu’un accord pourrait être trouvé dans les prochains jours.
Le sujet dépasse largement la diplomatie. Il touche à la crédibilité même de la parole politique. Car annoncer une fois qu’un accord est proche relève de l’optimisme. L’annoncer près de quarante fois sans résultat finit par produire l’effet inverse. À force de promettre une paix imminente qui ne se matérialise jamais, chaque nouvelle déclaration perd un peu plus de sa valeur.
Cette stratégie n’est pas forcément irrationnelle. Un président a intérêt à rassurer les marchés financiers, les alliés internationaux et l’opinion publique. Dans un conflit susceptible de faire exploser les prix de l’énergie, l’idée d’une sortie diplomatique peut limiter la panique économique. Mais cette mécanique possède une limite : lorsque les faits contredisent continuellement le récit.
Le paradoxe est frappant. Jamais les discussions entre Washington et Téhéran n’ont été aussi nombreuses. Plusieurs cycles de négociations se sont succédé entre Oman, Genève, Rome et Islamabad. Pourtant, jamais la situation militaire n’a semblé aussi instable.
L’histoire récente montre qu’une guerre ne se termine pas parce qu’un dirigeant affirme qu’elle touche à sa fin. Elle se termine lorsque les armes se taisent. Et aujourd’hui, malgré les annonces répétées de la Maison Blanche, le bruit dominant reste celui des explosions.
Photo : White House

