Evil Dead Burn : quand le gore ne suffit plus
- Eurosmag
- 20/07/2026
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Depuis 1981, la saga Evil Dead s’est imposée comme une référence du cinéma d’horreur. Sam Raimi avait prouvé qu’un budget limité pouvait donner naissance à un film inventif, porté par une mise en scène nerveuse, un humour macabre et une véritable identité. Même les relectures plus récentes avaient conservé cet équilibre entre violence et narration. Evil Dead Burn abandonne précisément ce qui faisait la force de la franchise.
Le problème n’est pas son niveau de violence. Evil Dead a toujours été une saga gore. Le problème est qu’il ne semble rien exister derrière cette violence.
Pendant près de deux heures, le film enchaîne les possessions, les mutilations et les morts sans construire une véritable histoire. Les scènes se répètent jusqu’à l’épuisement. Un personnage est possédé, meurt, puis le film recommence avec un autre. Le scénario donne l’impression d’être une simple succession de meurtres sans logique ni progression. Une fois les principaux membres de la famille éliminés, il ne reste pratiquement plus rien à raconter. Pourtant, le film continue encore de longues minutes, comme s’il refusait de s’arrêter.
Cette absence de récit rend les personnages totalement interchangeables. Aucun n’est suffisamment développé pour susciter la moindre émotion. Le spectateur ne redoute jamais leur sort, tant ils semblent uniquement présents pour devenir les prochaines victimes. Même les interprètes, qui livrent des prestations honnêtes, ne peuvent sauver des personnages aussi mal écrits.
L’horreur finit alors par devenir monotone. À force de remplacer la tension par des litres de faux sang, Evil Dead Burn ne provoque ni peur ni malaise. Seulement de l’agacement et de l’ennui. Là où les précédents films trouvaient un équilibre entre suspense et brutalité, celui ci ressemble davantage à une démonstration de gore cherchant sans cesse à repousser les limites du dégoût.
Le plus inquiétant est peut être ailleurs. Evil Dead Burn donne parfois l’impression de ne pas avoir d’idée à défendre. Derrière les éclaboussures de sang, il n’y a ni réflexion, ni véritable intrigue, ni personnages mémorables. Seulement une accumulation d’images choc qui finit par tourner à vide.
La franchise a longtemps prouvé que le gore pouvait servir une histoire. Ici, il remplace l’histoire. Et c’est précisément ce qui fait d’Evil Dead Burn l’une des plus grandes déceptions horrifiques de l’année.
Note de la rédaction : 1/5
Sortie en salles en France le 8 juillet 2026
Réalisé par : Sébastien Vaniček
Photo : Warner Bros

