Évian ou l’impuissance du G7 face à Trump

Le sommet du G7 organisé par Emmanuel Macron à Évian devait être une démonstration de leadership français. Il s’est finalement transformé en rappel brutal d’une réalité devenue familière : lorsqu’un Donald Trump de retour à la Maison Blanche participe à une réunion internationale, l’objectif principal n’est plus d’avancer, mais d’éviter l’explosion.

Macron avait pourtant préparé le terrain avec soin. L’agenda mêlait Ukraine, intelligence artificielle, déséquilibres économiques mondiaux et dette des pays en développement. Des dirigeants de l’Inde, du Brésil, du Kenya et de la Corée du Sud avaient été invités afin de donner au sommet une portée plus large que le cercle traditionnel des puissances occidentales. 

Le problème n’était pas le programme. Le problème était la structure même du G7 face à un président américain qui privilégie les accords bilatéraux et se montre profondément méfiant à l’égard du multilatéralisme. Selon l’analyse publiée par Chatham House, la France a obtenu à Évian à peu près tout ce qu’il était raisonnable d’espérer. Mais cela reste largement insuffisant au regard des défis mondiaux actuels. 

Le paradoxe est frappant. Les sept économies réunies représentent encore une part considérable de la richesse mondiale, mais leur capacité d’action collective semble diminuer. Les discussions ont produit des déclarations communes sur la sécurité, la croissance et les technologies émergentes. Pourtant, les grandes questions internationales continuent d’être façonnées ailleurs, souvent par des décisions unilatérales de Washington, Pékin ou Moscou. 

À Évian, une partie importante de l’énergie diplomatique française a consisté à maintenir Trump engagé dans le processus plutôt qu’à construire de nouvelles initiatives ambitieuses. Plusieurs observateurs ont noté que le simple fait d’assurer sa présence jusqu’à la fin du sommet constituait déjà un succès politique. 

C’est là que se trouve la véritable leçon d’Évian. Le G7 n’est plus confronté à une crise de consensus entre alliés. Il est confronté à une crise de pertinence. Tant que les sommets seront contraints de s’adapter aux humeurs du président américain plutôt qu’aux enjeux mondiaux, ils risquent davantage de devenir des exercices de gestion diplomatique que des lieux où se construit l’ordre international.

Évian n’a pas révélé l’échec de Macron. Il a révélé les limites d’un club qui peine de plus en plus à peser sur le monde qu’il prétend gouverner.

Photo : élysée.fr