La Bulgarie prend ses distances avec l’Ukraine
Le retrait de la Bulgarie de la « coalition des volontaires » marque un nouveau revers pour l’unité européenne autour de l’Ukraine. Le Premier ministre Roumen Radev a annoncé que son pays ne participerait plus à cette alliance informelle, créée à l’initiative de la France et du Royaume Uni pour coordonner le soutien militaire et politique à Kiev. La Bulgarie avait déjà boycotté le dernier sommet organisé à Paris le 14 juillet.
Cette décision n’est pas une surprise. Depuis son arrivée au pouvoir au printemps, Roumen Radev défend une ligne beaucoup plus prudente vis à vis de Moscou. Opposé à la livraison de nouvelles armes à l’Ukraine, il estime que l’aide militaire occidentale prolonge le conflit et privilégie une solution négociée. Son gouvernement avait déjà annoncé le mois dernier l’arrêt des livraisons d’armes à Kiev, rompant avec la politique menée jusque là par Sofia.
Pour les alliés européens, le symbole est important. La coalition des volontaires avait justement été créée pour afficher une unité politique alors que les États Unis réduisent progressivement leur engagement militaire. Le départ d’un État membre de l’Union européenne et de l’OTAN nourrit les inquiétudes sur la capacité du continent à maintenir un front commun face à la Russie.
Au delà du cas bulgare, cette décision rappelle que le soutien européen à l’Ukraine n’est plus aussi homogène qu’au début de la guerre. Entre les contraintes économiques, la lassitude de certaines opinions publiques et l’arrivée de gouvernements plus favorables à un rapprochement avec Moscou, les divisions deviennent plus visibles.
Trois ans après le début du conflit, le véritable défi de l’Europe n’est peut être plus seulement de soutenir l’Ukraine. Il est désormais de préserver son propre consensus politique.
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