Trump et l’Iran, la menace est devenue la stratégie
Les déclarations ne ressemblent plus à de simples avertissements diplomatiques. Elles accompagnent désormais une escalade militaire qui, depuis plusieurs jours, rapproche un peu plus Washington et Téhéran d’un affrontement durable.
Donald Trump a menacé de « détruire complètement l’Iran » si la République islamique tentait de l’assassiner, en réponse aux appels à la vengeance lancés lors des funérailles de l’ancien Guide suprême Ali Khamenei. Son successeur, Mojtaba Khamenei, a de son côté affirmé que « la vengeance doit inévitablement s’accomplir », promettant de répondre à la mort de son père, tué lors des frappes israélo américaines de février.
Mais depuis hier, la crise a franchi un nouveau seuil. Les États Unis ont lancé une nouvelle vague de frappes contre des installations militaires iraniennes après une attaque contre un navire marchand dans le détroit d’Ormuz. En réponse, Téhéran a annoncé la fermeture du détroit, passage stratégique par lequel transite une part essentielle du pétrole mondial, tout en multipliant les frappes contre des positions américaines et des installations dans plusieurs pays du Golfe. Malgré ces annonces, Washington affirme que le trafic maritime commercial continue de circuler, même sous très haute tension.
Le cessez le feu conclu au printemps apparaît désormais vidé de sa substance. Donald Trump a officiellement déclaré qu’il était « terminé », tandis que les échanges de frappes sont devenus les plus importants depuis la signature du protocole de juin censé ouvrir la voie à une paix durable. Dans le même temps, Oman poursuit discrètement ses efforts de médiation afin d’éviter une rupture totale du dialogue entre les deux capitales.
L’enjeu dépasse largement le seul face à face entre Washington et Téhéran. Le conflit se joue désormais autant sur le terrain militaire que sur le terrain économique. Chaque attaque dans le détroit d’Ormuz fait grimper les prix de l’énergie, inquiète les marchés et menace les chaînes d’approvisionnement mondiales.
Cette succession de menaces révèle surtout une évolution du rapport de force. Pendant longtemps, les déclarations belliqueuses servaient principalement à dissuader l’adversaire. Aujourd’hui, elles accompagnent des actions militaires bien réelles. Le risque n’est plus seulement celui d’une escalade verbale. C’est celui d’un engrenage où chaque frappe appelle une riposte, rendant chaque retour à la négociation un peu plus difficile.
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