5SOS à Paris : l’ironie d’un “boys band” devenu incontournable
- Eurosmag
- 09/04/2026
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Le 8 avril, à l’Accor Arena, 5 Seconds of Summer n’est pas revenu à Paris pour aligner des tubes. Le groupe est venu raconter une histoire — la sienne.
Formé en 2011 à Sydney par Luke Hemmings, Calum Hood, Ashton Irwin et Michael Clifford, 5SOS a longtemps évolué dans un entre-deux inconfortable. Révélés au grand public en assurant les premières parties de One Direction, ils ont rapidement été enfermés dans l’étiquette de “boys band” — une classification qu’ils ont eux-mêmes rejetée pendant des années. Pourtant, leur identité musicale a toujours été ailleurs : un mélange de pop-rock et de pop-punk, influencé par Blink-182 ou Green Day, avec une évolution vers des sonorités plus introspectives au fil du temps.
Et c’est précisément cette étiquette qu’ils ont décidé de reprendre, mais à leur manière.
Toute la direction artistique du concert repose sur une ironie assumée autour du terme “boys band”. Leur nouvel album joue avec cette idée : celle d’un groupe qui a passé des années à refuser ce statut, avant de le retourner, presque de s’en moquer. Sur scène, cela devient un fil conducteur. Ils ne fuient plus cette image — ils la mettent en scène, la déconstruisent, la réinventent.
Le concert est construit comme un spectacle en plusieurs actes, avec une vraie cohérence visuelle et narrative. Entre les morceaux, des interludes humoristiques viennent casser le rythme classique d’un concert. Par exemple, un diaporama projeté, spécifique à chaque ville. À Paris, le groupe s’amuse avec des références locales — le braquage du Louvre, Daft Punk — dans une mise en scène volontairement absurde, presque caricaturale, qui renforce ce ton décalé.
Et ça fonctionne parfaitement.
Parce que tout est pensé, mais rien ne semble rigide. Des fans montent sur scène pour remettre la récompense du Boyband de l’année au groupe, annoncer une chanson surprise. Le public devient partie intégrante du spectacle, sans que cela paraisse forcé. Il y a une vraie générosité dans la manière dont le groupe partage la scène.
Musicalement, le concert est d’une grande maîtrise. Les nouveaux titres s’intègrent naturellement, portés par une production pensée pour le live. Mais ce sont les anciens morceaux qui créent les moments les plus forts. “She Looks So Perfect”, “Amnesia”, “Youngblood” : des titres qui traversent les années sans perdre leur impact.
Et dans la salle, deux générations cohabitent. Les fans de la première heure, présents depuis plus de dix ans, et ceux arrivés plus récemment, avec les projets les plus matures du groupe. Mais loin de s’opposer, ces publics se répondent. La nostalgie ne prend jamais le dessus : elle est intégrée, digérée, mise en scène.
C’est là que le concert dépasse le simple enchaînement de chansons.
5 Seconds of Summer ne cherche plus à prouver quoi que ce soit. Ils ont compris leur trajectoire, accepté leur image, et surtout appris à jouer avec. Cette ironie autour du “boys band” n’est pas un gimmick : c’est une manière de reprendre le contrôle du récit.
Et sur scène, ça se voit.
Tout est fluide, cohérent, vivant. Un show pensé dans les détails, mais porté par une énergie sincère. Rarement un groupe aura aussi bien transformé une étiquette en force.
Ce soir-là à Paris, 5SOS n’a pas seulement donné un concert. Ils ont prouvé, avec humour et intelligence, qu’ils étaient exactement là où ils devaient être.
Photo : ABH / Luke Hemmings du groupe 5SOS à l’Accor Arena

